Complément d’AEEH ou PCH ?

Faire le bon choix pour votre enfant en situation de handicap
Après le dépôt d’un dossier à la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), vous recevez dans votre boîte aux lettres le plan personnalisé de compensation (PPC), élaboré par l’équipe pluridisciplinaire. Le PPC est le document qui détaille l’ensemble des mesures proposées par la MDPH pour compenser les conséquences sur le quotidien du handicap de votre enfant. Vous disposez d’un mois à compter de la réception du courrier pour faire connaître votre choix, une décision qu’il n’est pas toujours simple de faire modifier une fois exprimée.
Conformément aux dispositions prévues par le décret n°2008-450 du 7 mai 2008 relatif à l’accès des enfants à la Prestation de compensation, il vous est réservé un droit d’option entre :
- L’attribution de l’Allocation d’Éducation de l’Enfant Handicapé (AEEH) de base et d’un complément,
- L’attribution de l’AEEH de base et de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH).
Comment comparer la PCH et le complément d’AEEH
La comparaison porte avant tout sur la nature des besoins couverts, en particulier s’agissant du volet aide humaine de la PCH. Voici la méthode à suivre.
- Évaluer les besoins de votre enfant : identifiez les types d’aide nécessaires (aide humaine, matériel, aménagements).
- Analyser les critères d’attribution : la PCH est destinée à couvrir les besoins liés à l’autonomie (aide humaine, matériel), tandis que le complément d’AEEH est destiné à compenser les frais liés à l’éducation et à l’accompagnement.
- Considérer les montants : comparez les montants des aides en fonction des besoins identifiés.
- Vérifier les conditions d’attribution : consultez la MDPH pour connaître les critères spécifiques à chaque aide.
- Évaluer la durée de l’aide : renseignez-vous sur la durée d’attribution et les renouvellements possibles.
- Consulter des professionnels : n’hésitez pas à demander conseil à des travailleurs sociaux, des associations spécialisées, ou un avocat en droit du handicap.
Il n’y a pas de règle universelle
Le complément d’AEEH tend à mieux convenir pour un tout jeune enfant, ou quand un parent a réduit son activité faute de mode de garde adapté. La PCH devient plus intéressante quand le volume d’heures d’aide humaine est important, en particulier avec un salarié à financer. Tout se joue sur votre organisation familiale réelle, pas sur une préférence de principe.
Si vous ne faites aucun choix, la MDPH tranche par défaut : la prestation déjà perçue est maintenue, ou le complément d’AEEH est retenu si vous n’en perceviez aucune des deux.
Un exemple concret illustre l’enjeu.
Une mère élève seule son fils de 10 ans, en situation de handicap moteur sévère, qui nécessite une aide humaine quotidienne pour la toilette, les repas et les déplacements, assurée par une auxiliaire de vie salariée plusieurs heures par jour. Le complément d’AEEH proposé par la MDPH ne couvrait qu’une partie du coût réel de ce salariat. En optant pour la PCH aide humaine, calculée sur le volume d’heures effectivement nécessaire, elle a obtenu une prise en charge nettement mieux ajustée à cette charge, que le complément ne reflétait pas. Preuve qu’il n’existe pas de choix par défaut valable pour tous.
Étudier votre situation avec un professionnel : une nécessité
Face à la complexité des dossiers MDPH et au temps que leur constitution demande, mieux vaut consacrer le temps nécessaire à une analyse approfondie une seule fois : les renouvellements suivants s’en trouvent nettement simplifiés. Fincab peut, sur demande via notre formulaire de contact, vous transmettre une liste d’avocats spécialisés en droit du handicap. Un PPC n’est donc pas une formalité à valider vite : c’est l’arbitrage financier de plusieurs années à venir.
Questions fréquentes
Quand peut-on exercer le droit d’option ? Lors de la première demande, d’un renouvellement de l’AEEH ou de la PCH, ou d’un changement de situation nécessitant une réévaluation.
Depuis quand la PCH concerne-t-elle les enfants ? Depuis le 1er avril 2008. Avant cette date, la PCH était réservée aux adultes de plus de 20 ans.
Faut-il demander l’AEEH et la PCH séparément pour bénéficier du droit d’option ? Non. Le droit d’option s’ouvre dès lors que votre enfant remplit simultanément les conditions des deux prestations, dans le cadre d’un même dossier MDPH.
Le droit d’option concerne-t-il l’aide humaine à l’école ? Non, elle est évaluée indépendamment via le GEVA-Sco.
Un choix qui dépasse la MDPH
Ce droit d’option s’inscrit dans l’équilibre financier global du foyer : activité professionnelle réduite ou non, anticipation de la protection de l’enfant à sa majorité, organisation patrimoniale familiale. Bien piloté au bon moment, il évite des années de sous-compensation.
Ce choix se chiffre, et mieux vaut le faire avant d’envoyer votre réponse à la MDPH que de le découvrir après coup. C’est ce type de paramètre que Fincab intègre dans le bilan patrimonial des familles concernées par le handicap d’un enfant, aux côtés des questions notamment de protection juridique et de transmission. Un échange peut vous aider à y voir plus clair avant de vous engager.

